|
agonia english v3 |
Agonia.Net | Policy | Mission | Contact | Participate | ||||
|
|
| |||||
| Article Communities Contest Essay Multimedia Personals Poetry Press Prose _QUOTE Screenplay Special | ||||||
![]() |
|
|||||
agonia ![]()
■ A wound that breathes Contact |
Members comments
Views: 1919
- - -
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2010-10-02 | [This text should be read in francais] |
Lâhiver fait ses prĂ©paratifs de dĂ©part sans trop se hĂąter. Il va nous quitter et regagner son royaume, au PĂŽle Nord, pour nous revenir lâan prochain, car il aime bien nos contrĂ©es, surtout notre ruelle peuplĂ©e de braves gens et dâenfants sages. Câest le dernier jour de fĂ©vrier et demain, premier mars, câest le premier jour de printemps. Lâhiver est bien dĂ©cidĂ©: il va partir mĂȘme si le chemin est ardu; il lui arrive parfois de nâatteindre le PĂŽle Nord quâau mois dâavril, car il est souvent obligĂ© de revenir sur ses pas afin de rĂ©cupĂ©rer en route des neiges oubliĂ©es, des tempĂȘtes obstinĂ©es. Alors les gens lui en veulent. Comme si lui, lâhiver, Ă©tait content!
Măşor regarde par la fenĂȘtre et cherche Ă deviner quel temps il fera le jour suivant â le premier mars, dĂ©but du printemps! Il lui faut accueillir la belle saison chaussĂ© de ses souliers flamboyant neufs et coiffĂ© dâun joli bĂ©ret prĂ©parĂ©s par sa maman. La neige a fondu mais le froid persiste. Sur une petite table, Ă cĂŽtĂ© de la fenĂȘtre, grand-mĂšre a rangĂ© lâamulette. Măşor jette des regards affectueux tantĂŽt aux souliers, tantĂŽt au bĂ©ret et Ă lâamulette qui va dĂ©corer le col de son pardessus. - Jâaimerais quâil fasse beau demain et quâil y ait un peu de soleil, se dit Măşor; je pourrai ainsi mettre ma toilette de printemps! Ă peine Ă©bauchĂ©e sa pensĂ©e, Măşor sursaute Ă la voix de sa mĂšre: - Au lit, mon petit, tu vas prendre froid Ă rester comme ça, devant la fenĂȘtre! Au lit! - Ouf, ces mamans, elles savent tout! Comment la mienne a-t-elle devinĂ© que je ne dormais pas, puisquâelle Ă©tait dans sa chambre!! Mais maman connaissait bien lâhabitude de Măşor de sâattarder Ă la fenĂȘtre. Toujours rĂȘveur, sâimaginant dans sa nouvelle tenue, Măşor finit par sâendormir. Le lendemain, une lumiĂšre douce inonde la chambre du garçonnet. Un rayon de soleil joue dĂ©jĂ avec lâamulette, un autre essaie de rĂ©veiller lâenfant, le troisiĂšme se plaĂźt Ă caresser les chaussures neuves. Câest maman qui, finalement, rĂ©ussit Ă rĂ©veiller Măşor qui dormait comme un bienheureux, ayant oubliĂ© tous ses petits soucis. - Debout, ma puce! On tâattend Ă la maternelle! Il faut savoir se couchet Ă temps pour se lever tĂŽt. - Oh, maman! VoilĂ , le soleil est lĂ âŠ! - Oui, Măşor, câest le printemps. - Alors je peux mettre mes souliers neufs! A la bonne heure! - On ne sait pas encore. Attends! Le premier jour de printemps est souvent trompeur! Il faut se mĂ©fier. Maman ouvre la fenĂȘtre, la referme et dit: - Jâai raison. Il fait encore frais. Ce nâest pas un temps Ă sortir en souliers. - Mais si, mais si! Je prends mes souliers neufs! - Măşor, tu es un enfant sage, tu vas obĂ©ir Ă tes aĂźnĂ©s, surtout Ă maman. - Et le soleil, mamanâŠ! - Oui, mais il ne fait pas chaud, pour autant⊠Maintenant, vite, va dans la salle de bains pour la toilette. Nous tâattendons dans la cuisine. Le petit dĂ©jeuner est prĂȘt. Pour ses cinq ans, Măşor est un garçon raisonnable mais, voilĂ , il avait tant rĂȘvĂ© Ă ce jour, le premier mars! âTous les enfants auront quelque chose de neuf, sauf moiâŠâ âMais non, je ne prendrai pas froid, je suis dĂ©jĂ grandâ se dit Măşor en se dirigeant vers la salle de bains. Dans sa chambre, les chaussures, le bĂ©ret et lâamulette attendent impatiemmment. - Comment ne pas aller Ă la maternelle, aujourdâhui, nous les souliers neufs, comment rester Ă la maison par un jour pareil!?Non, il faut sortir, pour se faire voir de tous les autres souliers, discutent les chaussures neuves de Măşor. - Nâoublie pas, tous les parents ont achetĂ© des chaussures pour leurs enfants; pas aussi belles que nous, mais⊠- Et maintenant, les autres vont sortir tandis que nous⊠- Ce nâest pas possible, câest mĂȘme inadmissible! - Moi aussi, dit le bĂ©ret, je veux voir mes amis, achetĂ©s en mĂȘme temps que moi. Je ne les ai plus rencontrĂ©s depuis un mois. Au magasin, on Ă©tait tous logĂ©s sur le mĂȘme rayon et on sâamusait bien ensemble. - Toi, tu fais ce que bon te semble, cher bĂ©ret, disent les souliers, mais nous, nous nous battrons pour sortir; nous nâabandonnerons pas la partie. - Moi, non plus. - Taisez-vous! Jâai mal Ă la tĂȘte, votre bavardage mâĂ©tourdit, dit lâamulette. Vous ne voyez pas? MalgrĂ© le soleil, il fait froid. - Tant pis! Plus tard il fera chaud. Et puis, toi tu sortiras de toute façon, câest ton anniversaire. Tu te moqueras de nous qui restons enfermĂ©s dans la maison, lui rĂ©pondent les souliers rĂ©voltĂ©s. - Faites comme vous voulez, je ne conseillerais pas Ă Măşor de dĂ©sobĂ©ir Ă ses parents. - Ne parlez plus Ă cette amulette! Elle nous envie, ça crĂšve les yeux, intervient le bĂ©ret. - Entre temps Măşor est prĂȘt. Il nâa plus quâĂ mettre son bĂ©ret et ses souliers avant de partir Ă la maternelle. - Măşor, lui dit doucement sa mĂšre, nâhĂ©site plus! Prends tes bottes bleues et ton bĂ©ret chaud. - Non, rĂ©plique Măşor contrariĂ©. - Non, rĂ©pĂštent en chĆur les souliers et le bĂ©ret. Nous tâaccompagnons. - Tu vois bien, maman, eux aussi ils sont impatients de prendre le soleil. - Quel soleil, demande lâamulette, mais sa voix se perd dans le vacarme. Elle se voit planter sur le col du manteau de Măşor oĂč elle est dâailleurs trĂšs Ă lâaise. Pourtant, sa bonne humeur disparaĂźt Ă la pensĂ©e que les souliers et le bĂ©ret sont vraiment inconscients. Elle, elle sait trĂšs bien que le premier mars il fait un temps capricieux, changeant. Si Măşor attrape un rhume il faudra faire venir le mĂ©decin, toute la maison sera empestĂ©e de lâodeur des mĂ©dicaments! Mais lâamulette est trop petite pour quâon lui prĂȘte attention. Măşor, parĂ© de ses plus beaux atours, fait son apparition dans la rue. Il regarde de tous les cĂŽtĂ©s pour que ses camarades puissent admirer sa tenue. Tous les gamins portent une amulette, mais Măşor est le seul Ă porter un bĂ©ret et des souliers, si bien quâil est sur le point de rentrer pour se changer. - Pourquoi reculer? demandent les souliers et le bĂ©ret. Plein de courage Măşor se joint au groupe de copains et se met en route. Personne ne semble remarquer son bĂ©ret et ses souliers. - Tout le monde nâa dâyeux que pour les amulettes, nous, nous passons inaperçus; dit le bĂ©ret vexĂ©. - Tu as raison, reconnaissent les souliers, qui pour se venger marchent sur les bottes de Tori. - Eh, Măşor, tu ne vois plus oĂč tu marches? Ah, câest ça! Regardez-moi ça: Măşor a des souliers vernis neufs! - Ah bon! Comme ils sont chouettes. Mais si le temps se gĂąte et les abĂźme! La neige peut tomber Ă tout instant. - Tais-toi! Touche du bois! - Et si on lui marchait dessus? demande lâun des souliers neufs de Măşor. - Ne tâen fais pas! Nous sommes de loin les plus beaux, rĂ©pond lâautre. Et voilĂ tous les enfants arrivĂ©s Ă la maternelle. Ils y restent jusquâĂ une heure de lâaprĂšs-midi. Tout peut arriver dans cet intervalle. Câest ce qui se passe: vers les dix heures du matin, il se met Ă neiger comme au dĂ©but de lâhiver. Au revoir soleil. Au revoir, ciel bleu. Les enfants ne peuvent plus contenir leur joie: encore une bonne partie de luge en perspective! Seul Măşor, isolĂ© dans son coin, regarde tristement ses souliers qui vont tremper dans la boue. - Quâest ce quâon va devenir? pleurnichent les souliers. - Măşor, tu ne viens pas admirer la neige? Regarde les jolis flocons! Ce soir on se rencontre sur la colline, avec nos luges! ajoute Sori. - Moi,⊠tu sais⊠je nâaime pas lâhiver, chuchote Măşor. - Mais le jour de la premiĂšre neige tu Ă©clatais dâenthousiasme. - Oui, ⊠câest vraiâŠ. Le programme fini, la clochette sonne et les enfants retournent chez eux par petits groupes. Măşor ne se dĂ©pĂȘche pas. Il traĂźne dans les couloirs de la maternelle et ses souliers ont dĂ©jĂ perdu leur Ă©clat. AussitĂŽt rentrĂ©, Măşor constate les dĂ©gats: le vernis des souliers a craquĂ©, le bĂ©ret est mou, son propre nez est rouge. Le garçon Ă©ternue et il a froid. Ses amis dans la rue, ils ont organisĂ© une bataille de boules de neige. Măşor garde le lit. Il a de la fiĂšvre. Sa chambre est encombrĂ©e de mĂ©dicamentsa, de sirop, tisanes, de tas de mouchoirs. A cĂŽtĂ© du lit de Măşor gĂ©missent les souliers vieillis de dix ans ; quant au bĂ©ret, tout dĂ©gonflĂ©, il est oubliĂ© sur le dossier dâune chaise. Par contre, lâamulette est toujours aussi brillante. - Je prendrais volontiers un cachet dâaspirine si cela pouvait rĂ©parer mon v ernis, se plaint un soulier. - Moi, je me ferais faire un massage avec ce qui est dans le flacon rose, si je savais que la peau me serrait moins , complĂšte lâautre. - Et moi, je mâĂ©tendrais sur cet oreiller chaud, soupire le bĂ©ret. Jâai tellement froid⊠- Je regrette pour vous, mais il mâest impossible de vous aider; je suis trop petite et puis je vous ai avertis; et vous nâavez pas voulu mâĂ©couter. - Qui pouvait te croire quand le soleil brillait Ă nous aveugler!? AprĂšs tout, nous sommes coupables et nous mĂ©ritons notre sort. Pourvu que Măşor recouvre sa santĂ©! Quand Ă nous, on sâen sortira⊠Le garçon emmitouflĂ© dans ses couvertures transpire et souffle Ă grand- peine. Comme je suis entrĂ©e dans sa chambre- jâĂ©tais venue lui apporter une boĂźte de chocolats pour le 1 Mars â il mâa tout racontĂ©: son dĂ©sir de mettre ses souliers neufs et son bĂ©ret le premier jour de printemps , mais aussi combien il regrettait dâavoir dĂ©sobĂ©i Ă sa mĂšre. - Vous savez, Mme Gheo, ce nâest pas que moi qui suis malade. Les souliers et le bĂ©ret le sont aussi. Vous croyez quâils guĂ©riront? - Certainement, Măsor ! Ce sont tes souliers, non? Et ton bĂ©ret. Traduction faite par Coroiu Simona et Dolcu Emilia
|
||||||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|||
| Home of Literature, Poetry and Culture. Write and enjoy articles, essays, prose, classic poetry and contests. | |||||||||
Reproduction of any materials without our permission is strictly prohibited.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net
E-mail | Privacy and publication policy