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LES AILES DE PAPIER (extrait)
article [ ]
L'homme livré à lui-même comme un livre intérieur

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par [Reumond ]

2018-07-31  |     | 










Parce que certaines réalités m’apostrophent et qu’elles me vérifient au quotidien, de distique en distique, je distingue. Comme un disciple discipliné, j’avance sur des chemins de traverse, chemins de vérités et de réalités changeantes comme se transforment les mirages au désert.

Jusqu’à ce que brillent la réalité et la vérité tout entière, je marcherai ainsi vers Le Réel. Ce que je susurre dans l’ombre de moi-même n’est pas « Parole d’évangile », ces dernières ne sont d’ailleurs que les algorithmes d’hier pour l’aujourd’hui, mais demain est un autre jour !

Derviche errant, je tourne, je tourne la page du « livre du dedans » (1), je ne possède que les trous de ma flûte pour jouer le vide intérieur, me laissant emporter par l’enchantement du verbe et des danses.

On peut effectivement, comme Honoré de Balzac à « La recherche de l’absolu » marcher et écrire sa propre vie, jusqu’« au bout de la nuit » comme Céline, en passant beaucoup de temps, comme Proust, « A la recherche du temps perdu » (…)

L’homme n’est-il pas lui-même « un livre » comme disait Rûmi, un livre secret, saint et sacré ? Mais faut-il encore l’ouvrir dans le bon sens, et le dérouler avec circonspection et infiniment de respect et de précautions, tel un vieux papyrus bien grignoté par la vie.

(...)

Tout est vain, quel qu’il soit, de papier ou numérique, comme le moine devient « silence », on ne devient un « livre du dedans » qu’en faisant l’expérience de cette intériorité, en l’éprouvant jusqu’au seuil des choses, en évident les évidences à l’épreuve du vécu, et en creusant les apparences à la preuve des mots.

Écrire ou peindre, sculpter ou méditer… Quelles que soient les sciences ou les disciplines pratiquées, c’est toujours quelque part l’appel du Réel qui nous émeut ou nous réjouit, nous effraye souvent et nous désole parfois, nous brûle ou nous laboure à l’intérieur, nous creuse ou nous écorche de l’extérieur.

C’est l’appel lancinant du Réel qui se fait sentir et nous fait ressentir, et qui, tel un métronome aveugle, de mesure en mesure, nous balance sa démesure pour nous renouveler et nous oxygéner, ou simplement, pour nous faire cadencer à son pas.

Parce que l’appel du Réel, comme celui de l’amour est la seule chose qui soit vraiment réelle, tout le reste est réalités et vérités plurielles et approximatives; trop changeantes pour être véritables; vérités et réalités n’existent qu’en tant que réalité ou vérité, elles n’ont en elles ni l’unicité et ni la consistance de l’absolu.
Comme le fait d’exister nous empêche d’être vraiment, ce que nous croyons, savons, pensons, imaginons ou préjugeons, c’est-à-dire nos réalités et nos vérités du moment, nous plongent dans l’ombre et nous éclipsent le Réel.

D’instinct en pulsions, la nature nous abuse et nos perceptions nous dupent ; les évidences nous obscurcissent l’esprit, le mental nous trompe, les affects nous mystifient et le ressenti – ment de plus belle.

D’un lieu à un autre, d’une époque à une autre, tout change, tout évolue, entre hormones et neurotransmetteurs les émotions nous bercent, le temps que nous pensons réel est un leurre, et la matérialité des choses nous méduse comme nos sens nous abusent.

D’opinions opiniâtres en convictions profondes, la culture nous trompe et l’histoire réelle nous échappe, et c’est un comble, la réalité de nos réalités et la vérité de nos vérités du moment ne sont en réalité et en vérité que des morceaux d’une illusion des plus tenace.

Il s’avère effectivement que dans tout cela, malgré tout cela, avec tout cela, j’existe bel et bien. Ma généalogie, mes papiers d’identité et mes relations sociales le confirment ! Mais en cela, rien ne prouve que « je suis » au sens plein du substantif « Être ».

Je peux me pincer, tester mon existence et mon manque d’intelligence, contrôler mes affects, inspecter de haut en bas les imageries médicales qui prouvent que je vis constitué de chair et d’os, comme fruit d’un brouillon de nature et d’un bouillon de culture, j’existe, soit, mais que je vive, ne prouve rien !

Tout cela n’est que le contenu d’un livre bien souvent sans profondeur, un gros livre comme un dictionnaire qui n’est que la somme de ce que je pense, de ce que je sens ou ressens, de ce que je crois, préjuge ou présume, la somme en somme de ce que j’imagine, de ce que je sais ou crois savoir…

Tout cela n’est qu’un jeu de feuilles dans le vent, tout comme un feu de paille et d’illusions juxtaposées en une pyramide de croyances, de pauvres certitudes d’un « je » égaré dans le jeu des évidences, avec comme Sysiphe le poids des dogmes sur le dos et l’héritage des enseignements, c’est en couverture l’empreinte des apparences, le jeu des convictions en guise de reliure, face aux enjeux familiaux, sociaux et culturels.

En prose ou en vers, la vie se vit entre les pages, trop rarement dans l’au-delà des pages, vos pages, vos propres pages tournées une à une. Par pensées, par paroles et par actions et même par omissions nombreuses, c’est un voyage labyrinthique ou initiatique au cœur même de l’existence, c’est une expérience livresque unique, une odyssée pour âme vagabonde, mais surtout un authentique chemin de dépouillement et de dépossession, là où page après page, le « je » devient cet « Autre » perçu en partie par le voyant de Charleville, et pour cela, malgré les vents contraires, il me faut encore tourner une page de ce fameux livre du dedans.

LES AILES DE PAPIER (extrait)

(1) Livre du dedans, Fîhi-mâ-fîhi, Rûmi.

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